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20 janvier 2015 2 20 /01 /janvier /2015 22:52

Voila,

un peu de mise à jour, un peu de nouveau look ?

Non. L'affaire des Cadillac n'aura jamais de nouveau look.Son look, c'est toujours celui des brouillards, des fumées qui cherchent à cacher l'essentiel,

mais c'est quoi l'essentiel ?

A ce jour, ce serait une histoire de fesse, de cul, disent certains, de cocu disent les autres. Ça dépend de la chaise sur laquelle on est assis .

Tout bonnement, c'est une histoire banale, que du très banal.

Ouai, mais ça n'explique pas tout

et même pas grand chose.

On verra ça, le douze février 2015 , on verra ça.

En attendant, mes chers enfants, j'ai un peu fouillé.

Et tiens, je vais vous dire ce que j'ai trouvé sur Joseph Valoris.

Vous avez en mémoire que

Ce Valoris, c'est le nom d'une photo et d'un programme électoral que la police a trouvés en perquisitionnant chez Quéméneur, dans son bureau en désordre, sur le coin d'une étagère.

C'est le nom d'un ingénieur parisien à qui Quéméneur s'adresse, début 1923, pour obtenir des renseignements sur De Jaegher, qui a fait faillite et ne peut lui payer une très forte dette. Quéméneur voudrait savoir si il est vrai que De Jaegher doit toucher une part des bénéfices qu'ils percevraient ensemble de l'exploitation d'un brevet (une pile électrique, à ce que j'ai compris).

C'est le nom d'un quidam poursuivi par le Juge Hervé, juste avant que celui-ci ne soit « viré » de la magistrature.

Et même, chez Madame Langellier, vous n'en trouverez pas plus.

Alors, je prend Madame Google par les sentiments et lui demande d'ouvrir sa boite à mystère.

Je vous les restitue dans l'ordre où je les ai trouvé, ça fait plus suspens.

Ouest-Eclaire , 1925.03.07 : passe au tribunal l'affaire De Jaegher contre Valoris. De Jaegher a porté plainte pour escroquerie contre Joseph Valoris, il n'y aurait pas plus de bénéfices que de brevet d'exploitation. On ne nous dit pas combien De Jaegher avait investi dans l'affaire , mais Valoris est condamné.

Ouest-Éclaire 1919, élections municipale de Brest. Joseph Valoris, candidat indépendant recueille 900 et quelques voies.

Dans le même journal, au 9 juillet 1937, décès dudit Monsieur, à Saint-Pol-de-Léon. Son domicile serait au 403 rue de Vaugirard à Paris.

Dans le Petit-Parisien, le 19 mars 1925, une histoire édifiante et ridicule ou l'on retrouve Valoris. Ayant fait financé par quelques bourgeois en mal de placements rémunérateurs, un fabrique de perles industrielles, il se voit licencié de son poste de directeur de la fabrique par les dits bourgeois et ce, de manière assez leste. Le directeur et son adjointe dépensaient à des fins personnelles les investissements, sans qu'il y ait une quelconque production. La police le met en prison.

Ouest-Éclaire du 12 octobre 1934 : sur le ton de la rigolade, le journaliste nous raconte comment Valoris et sa « femme » vivaient au frais d'un hôtelier un peu naïf de la ville de Fougères. Celui-ci avait bien voulu croire à une prime de deux millions que le gouvernement allait verser à Valoris pour l'exploitation d'un brevet mirifique.

Enfin, cerise sur le gâteau, google-image m'offre la photo du Monsieur, en première ligne du résultat de la recherche. Je clique fébrilement et trouve la page amitrtlu.free.fr/histoire de TRT qui me raconte l'affaire.

Je résume.

Valoris, qui n'est pas ingénieur et serait né à Brest, aurait piqué l'idée d'un brevet à un ingénieux marin dans le domaine du guidage « radio » des navires. Enfin quelque chose comme ça. Il entre en concurrence avec un autre breton qui fondera la TRT. Conflit entre les deux hommes mais conflit aussi au niveau électoral du côté de Guinguamp . Plainte. Le juge Hervé enquête, et très « fonceur » colle Valoris en prison après des recherches musclées. Tout ça ne plaît pas à la hiérarchie qui sévit en faisant placer Hervé à l'asile psychiatrique !!! A sa sortie , Hervé démissionne. Valoris s'est éclipsé.

Je vous rappelle qu' Hervé avait déjà enquêté à Plourivo, une première fois mais que son rapport était oublié sur le bureau du Président des Assises de Quimper.


Hervé a-t-il su que ce Valoris avait été sollicité par Quéméneur ? Certainement pas, il n'avait pas eu accès au dossier.

Au fait, je me dis que si j'avais été Valoris en 1923, j'aurais certainement essayé d' appâter le gros poisson Quéméneur...

Voilà donc, un peu rapidement, ce Monsieur Joseph Valoris.

Je me pose quelques questions sur les fréquentations de MM. Quéméneur et Seznec :

Vaquié, faux banquier

Valoris, faux ingénieur

Gautier, avocat rayé du barreau

mais tous les trois vrais escrocs

qu'on avait pourtant sous les yeux

mais que personne ne nous avait décrits comme tels

Ouai... je me pose des questions

une fois de plus.

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Published by skeptikos
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commentaires

Olijuseb 21/01/2015 09:17

Bonjour ! Article intéressant, qui éveille la curiosité, et qui donc incite à fouiner ;) On apprend dans le registre matricule de Valoris qu'il est effectivement né à Brest en 1876, fils de Raymond Joseph et de Louise Marie Cousteau. Il est sergent fourrier le 24.4.1897, cassé de son grade et remis soldat de 2è classe le 21.8.1897. Certificat de bonne conduite refusé. Il souffrait de Tabès, maladie nerveuse d'origine syphilitique... Sa mère est décédée le 20 février 1890 à Mespaul où elle était institutrice. Il est cité dans l'Ouest-Éclair du 7 octobre 1909 (édition Rennes) comme étant membre du syndicat des phares hertziens dans un article intitulé "Où se cache le lieutenant Lair" puis dans le même journal du 9 octobre 1909 au sujet de la même affaire. On peut rajouter l'article du 13 octobre 1934 faisant suite à celui que vous citez et dans lequel il se défend d'être un escroc.Dernière chose, en 1919 il n'a pas obtenu 900 et quelques voix mais 399.

Au plaisir de vous lire et d'en apprendre encore plus.

Olijuseb 21/01/2015 15:34

De rien, compliments mérités :) Voyez sur Gallica l'article paru en une "Le Journal" du 10 octobre 1909 et page suivante, ainsi que celui de "La Lanterne" du 8 cotobre 1909. Dans ce dernier article, Valoris n'hésite pas à charger le pauvre Lair et tente de diriger les enquêteurs vers l'Allemagne... belle mentalité !

skeptikos 21/01/2015 14:45

Merci pour les compléments. J'en cherche un peu plus sur Lair.

LaLangellière 21/01/2015 09:09

Bonheur que ce retour...
Juste au moment où la Faculté préparait ses poches spéciales pour des transfusions d'humour en urgence... Bienvenue et pour quelques temps, j'espère....

skeptikos 21/01/2015 14:43

Ça fait toujours un peu de bien à mon ego que de recevoir un tel encouragement

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