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2 juin 2015 2 02 /06 /juin /2015 16:23

Bonjour mes chers enfants,

 

Je voudrai qu'on aborde la question dollar

Je sais, vous allez me dire qu'on en a déjà tellement parlé. T'as du nouveau ?

Du nouveau, bien sur que non.

Mais une autre façon de les compter.

 

4040 dollars, c'est un drôle de chiffre. Chiffre assez curieux qui fait plutôt vrai. Il est sorti texto de la bouche de Marie-Jeanne qui les compte souvent et donc, qui sait ce qu'elle dit. Mais y a un truc qui me chiffonne (humour de blanchisserie), c 'est quand même beaucoup de pièces de 20 dollars pour payer trois chemises repassées et deux faux cols amidonnés. Bon, c'est sans doute pas exactement ça . C'est sans doute des paiements de trucs en nombre, en gros nombre. Y parait pourtant, qu'en cas de gros marché, y avait des contrats établis et que ça se payait dans la monnaie du pays...C'est curieux qu'on nous explique jamais...

Donc, à l'évidence, c'est pas ça , la somme...

Seznec s'est renseigné sur le cours du dollar le 28(?) mai, dans deux banques (Le Parisien du 14/07/1923). Marie Jeanne dit aussitôt que c'était avant. Mais passons, le tout c'est qu'il s'y intéresse et cela tendrait à faire penser que ces dollars existent.

Donc, c'est pas la somme. Et de là, les gribouillis sinistres dans les fausses promesses de vente. Puisque ça semble la seule raison valable pour refaire les PV.

 

Et quand va-t-il remettre tout le fourbi à Quéméneur ?

Moi, je suggère une solution assez simple : à Rennes, en arrivant avec la Cadillac. On les compte, on les recompte. On prend peut-être la décision d'en informer le commanditaire...qui dit aussi de changer de banque , pour le chèque...

 

Le samedi matin, Quéméneur, les dollars dans la valise, se pointe avenue du Maine, au comptoir de la BPC, pas le comptoir d'un café quelconque, On l'accueille bien volontiers. Et ensuite, il va chercher son chèque à la poste restante. Pas de chèque. Le banquier se montre souple, après un tel dépôt...Bien sûr , il peut attendre. Comment pourrait-il faire autrement?

 

Je vous dis ça comme ça : les 100 000 F, pour obtenir le poste de directeur local se décomposent en 60 000 F du chèque Pouliquen , 10 000 F de prêt en liquide obtenu de sa banque et le reste , 30 000 F en dollars . Tiens, c'est rigolo, ça fait 2020 dollars...

Bon, je fais ça, à la louche, mais c'est mieux pour mettre dans une petite boîte.

 

Vous avez compris bien sûr, Seznec a tout simplement doublé le nombre de dollar qu'en réalité, il possédait.

 

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Published by skeptikos
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commentaires

La Langellière 03/06/2015 17:42

Il faut vous dire, cher Skeptikos, que j'ai eu un maître - dans l'affaire Seznec - qui m'a enseigné beaucoup de choses....
Et qu'avec mon syndrome de bonne élève, j'ai tout noté sur mes petits cahiers et j'ai bien appris par coeur ;)))

La Langellière 03/06/2015 13:27

Attention....
Les Seznec n'étaient pas les seuls à blanchir le linge des Américains.
Loin s'en faut....
Le meilleur blog sur le Camp de Pontanezen est celui de Azraelle 29 qui nous écrit :

"Règne soudain une incroyable prospérité. Les femmes lavent le linge des officiers qui paient bien. Elles livrent les chemises dans de grandes feuilles de papier blanc fournies par l’administration du camp. On vend de la bière au café du village, mais pas d’alcool. La Military Police ouvre l’oeil."

Vous pourrez en lire plus ici :
https://azraelle29.wordpress.com/2011/01/20/extrait-d’une-description-du-camp-lors-de-l’affaire-seznec/

skeptikos 03/06/2015 16:17

Merci, Madame Langeller, de nous rappeler cette importante source.

Ma mémoire avait un trou et je le voyais bien

J'essaie tout bêtement d'évaluer les possibilités qu'avait Marie Jeanne de se faire un pécule de 2020, ou 4040 ?, dollars en cette année et demi d'activité auprès des officiers américains.

Je garde en parallèle, que Guillaume a acheté , mais surtout équipé une saboterie et une menuiserie. Je crois qu'ils avaient accumulé des économies conséquentes jusqu'en 1919. Seuls les dollars avaient été conservés. La trésorerie est le point faible du fonctionnement de Seznec et son invraissemblable acharnement à tout contester, au moindre centime près.

Bien à vous

Olijuseb 03/06/2015 10:37

http://www.wiki-brest.net/index.php/Am%C3%A9ricains_%C3%A0_Ponta

Début 1919 : Le camp américain s'étend sur 687 hectares. 850 bâtiments y ont été construits pouvant accueillir environ 50000 hommes. Le camp de tentes peut abriter 35000 hommes. Ces camps sont divisés en 16 sections autonomes possédant chacune leur cuisine et leur réfectoire pouvant servir 7500 repas à l'heure. Ces sections sont reliées par des routes goudronnées. Les trottoirs sont réalisés par 120 kilomètres de caillebotis. L'électricité est fournie par 6 centrales. Des baraques supplémentaires sont construites près de l'hôpital permettant ainsi l'installation de 2.300 lits. Au plus fort de l'intervention américaine en 1919, on a enregistré le départ de 26.000 hommes et l'arrivée de 12.000.

370 officiers comme clients de la blanchisserie ne semble pas impossible donc, mais c'est difficilement vérifiable, d'autant que la famille Seznec n'était pas réputée pour tenir une comptabilité rigoureuse...

D'autre part, est-ce qu'il leur était possible, en terme de temps, de matériel et de main d'œuvre, d'assurer le nettoyage, le repassage et le raccommodage du linge de 370 officiers au minimum, en plus de leur autre clientèle qu'était les casernes et autres hôpitaux militaires ?

Comment savoir si le prix payé par les américains était simplement doublé ? Était-il triplé, voire plus ?

Je serais bien en peine de vous répondre... mais votre hypothèse reste plausible.

Olijuseb 03/06/2015 07:36

Seznec a pu travailler pour les américains de novembre 1917, date de leur arrivée à Brest, à septembre 1919, date à laquelle il vend la blanchisserie à son beau-frère Marc. À peine deux ans donc, plutôt 1 an 1/2 car il n'a pas du les avoir comme clients dès leur arrivée.

En 1914, Guillaume Seznec répond à un appel d'offre de l'école navale de Brest pour le repassage et le raccommodage du linge des élèves, il propose 2,30 fr par élève et par mois. Mme Corolleur, qui propose 2,15 fr remporte le marché.

Si il l'avait décroché, l'effectif de l'école en 1914 étant de 100 élèves, ça lui faisait 4140 fr pour l'année et demie... bien loin des 30000 fr, même si la blanchisserie avait d'autres clients.

Dans l'Ouest-Éclair du 30 juin 1923, Marie-Jeanne évoque la période où elle exploitait la blanchisserie de Saint-Pierre Quilbignon. Elle dit que le commerce n'était pas des plus prospères et que les bénéfices étaient très maigres.

Dans Le Matin du 29 juin 1923, à la question "d'où teniez-vous ces 4040 dollars-or ?" Guillaume répond "j'avais fait diverses opérations avec des américains des camps du Finistère".

Opérations illicites ? Ça expliquerait pourquoi la famille n'a pas fait plus de bruit pour récupérer ce pactole, oh combien précieux pour elle qui était tant endettée.

Toujours dans Le Matin, mais du 30 juin 1923, le beauf' Marc, qui ne se gène pas pour casser du sucre sur le dos de Seznec, déclare "je sais également que, pendant la guerre, alors qu'il dirigeait la blanchisserie de Saint-Pierre Quilbignon, il fut fréquemment payé en dollars par les officiers américains, mais avait-il réussit à mettre de côté la somme considérable qu'il dit avoir donné à M. Quemeneur ?"

Bref, votre hypothèse n'est pas improbable et a le mérite d'être posée, mais il reste des zones d'ombres à éclaircir.

skeptikos 03/06/2015 10:13

Bonjour,

Vos renseignements sont précieux :
à partir du tarif "élève-Ecole Navale, j'ai fait une évaluation "à la louche"
Les officiers américains payaient plus cher, je peux utiliser le double, soit 54 F par an
30 000 F représenteraient sur un an et demi :
30 000 divisé par 54+27 = 370 officiers

Connaissez vous les effectifs de Pontanezen?

Ce chiffre est-il possible ?

MX 02/06/2015 21:12

intéressant , et qu'est-il advenu des 10000+30000=40000 francs , soit environ 40000 € d'aujourd'hui ?

MX 03/06/2015 21:33

Bonsoir Skeptikos ,
merci pour cette précision , je l'ignorais .

skeptikos 03/06/2015 10:00

Bonjour,
Oui, je n'ai pas été très précis.
Dans mon hypothèse, ils ont été versés, dès le samedi matin, à la BPC.

Souvenez vous aussi que le juge Hervé, qui n'était pas qu'un fou furieux, avait repéré un dépôt de 5 000 F, fait à Landerneau entre le 20 et le 25 mai au guichet de la BPC.

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