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29 juin 2015 1 29 /06 /juin /2015 16:48

Le Vacquié, c'est quand même quelqu'un.

Il aura tenu la presse dès son plus jeune âge.
En fait, c'est grâce à son papa, le maire de Saint-Maurin, notaire et conseiller général. Il aura suffit que ses deux fistons ratent un virage en 1904 et en carriole à cheval,et crac, un article dans le journal .

Quelques temps plus tard, le Gaston, ou Jean, ça dépend des circonstances, attire l'attention des miteux qui tiennent la rubrique des faits divers, . Il a des ennuis côtés affaires ( il est clerc de notaire) et côté matrimonial (il aurait trompé sa femme !!!) . On va au tribunal, on raconte des fariboles, c'est vrai, on est à Nice, mais on fait quelques lignes dans le journal.

Plus tard, on prend la place du père, le maire, "qu'est mort d'une glissade, en bouffant sa soupe froide", enfin, juste le temps pour dire qu'il est le plus jeune maire de France et que ce sera son frère Aymar qui garde au chaud de la famille, la fonction. Le Aymar, il grenouille dans la magistrature, un certain temps, le temps d'y faire un peu de plaintes de la part des prévenus. La République, bonne fille, le mute et le re-mute.

Entre temps, Jean se place à Paris, dans le monde des rigolos qui sévissent dans le petit délit d'escroc. On achète, on revend, sans jamais payer avec des cartes de visite au nom d'Aymar, qui, dit-il, ne se rend pas compte que son frangin dérive et re-dérive...En 1911, la police se fâche, on arrête qui on peut.

Aymard, condamné, fait amende honorable, c'est à dire dans l'honneur , en déclarant qu'on ne le reprendra plus à ne pas surveiller son frère...

Jean, condamné, se dit qu'il y a certainement mieux à faire.

Le mieux, c'est de créer d'après des liens les plus vagues, un Comptoir Marocain qui veut mettre en relation des investisseurs, bien entendu riches gogos, avec d’honorables commerçants qui ont clientèle au Maroc. On crée même, au détour d'une arnaque de plus, une banque, qui va devenir la Banque Privé et Coloniale.

Et la vie se passe, entre beaucoup de naïfs et de faillites, bien entendu, pas frauduleuses du tout.

La presse nous signale dès 1922 une nouvelle activité de la Banque Privée Coloniale : d'abord, elle déménage du 44 rue Faber, boite aux lettre aux mille activités, au 150 avenue du Maine. Le patron, Jean Vacquié, prend du volume, de l'aisance et de la notoriété. De plus, elle semble étendre son activité, elle recherche des collaborateurs, des directeurs, des inspecteurs généraux, des administrateurs mais surtout, elle attend des personnes qui peuvent apporter quelques fonds en échange de ces postes mirifiques. On recrute...En 1923, on s'attaque à des valeurs de rapport, en effet, on rachète des Bons du Trésor contre des valeurs d'Emprunt.

 

Vaquié, ce n'est pas seulement Jean, mais aussi Aymar qui de son poste d'avocat, de maire et de conseiller général, semble avoir son oeil dans les affaires de son frère et y joue son pion d'associé. On le voit à une création de société bidon ou il est intitulé directeur. Jean crèche à Meudon, dans une belle villa, où il est entouré de jeunots multiples, tels Besseyre des Horts et Descimont qui investissent dans le stratagème et l'arnaque simple qui peut rapporter vite.

Il multiplie les offres extraordinaires à ceux qui ont du fric et veulent le faire fructifier : du bon du trésor à l'écrémeuse...Sous n'importe quelle forme, sous n'importe quelle idée.

En 1923, c'est le tour de Quéméneur...

En 1924, y a des grugés qui se plaignent. Les Flics qui déboulent et comme ça concerne les bons du Trésor, la magistrature , ça la réveille. On arrête. On saisit. On farfouille.

On enquête.Et même, on répond à l'enquête d'un autre juge, celui de Quimper. On adapte les réponses aux besoins. On noie les poissons. On embrouille avec des fumées épaisses. On découvre un minable trafic à Vitré. On ferme les succursales, en tout cas à Le Blanc. Les autres ?

La justice , celle de la XI ème chambre correctionnelle de Paris, condamne et colle des amendes.

En 1927, utilisant encore le 150 avenue du Maine, Jean Vacquié remet ça et la police lui colle encore au cul...

Puis 1929. Vacquié toujours superbe, fait ses giries à Lisbonne ou il tente un dernier coup. La France promet une extradition puis la presse éteint ses colonnes et il disparait de l'actu.

Fini Vacquié, il ne fera plus jamais parler les journaleux.

 

 

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Published by skeptikos
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commentaires

Ah!bon ? 02/01/2016 18:22

Il s'entourait de jeunots...c'est a dire?

La Langellière 30/06/2015 07:48

Bonjour à vous...
Et si...
Et si le rendez-vous de Pierre Quémeneur avec la B.P.C. était à Meudon ???
Houdan / Meudo = environ 50 km par la N 12.

skeptikos 30/06/2015 12:53

C'est une très bonne idée mais je crois que Meudon , c'était réservé aux arnaqueurs, pas aux arnaqués.

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